En cette fin d'automne, ou le froid et la pluie ont fait leur apparition sur nos régions, débute une phase essentielle de la vie des truites fario (truite de rivière). C'est à cette période que les premières pontes ont lieu. Cette phase épuisante du cycle écologique de l'espèce est bien sur essentielle au maintien et à la pérennité des populations de truite.

De manière générale, la période de frai de la truite débute en novembre et fini fin janvier, exceptionnellement fin février.

Dans le département de Saône-et-Loire sur les secteurs du Morvan, du Haut Clunisois et du Haut Beaujolais (secteur de Chauffailles) la reproduction est généralement précoce. Elle se déroule la plupart du temps de la mi novembre à la mi décembre lorsque les eaux atteignent des températures comprises entre 2 et 10°C.

les truites ont une migration de reproductionUne migration de reproduction

Mais avant de déposer et de féconder leurs œufs, les truites partent à la recherchent de sites propices au frai. Pour ce faire elles effectuent des migrations vers les portions plus amont des cours d'eau à la recherche des substrats favorables (support de ponte).

Cette migration peut amener les truites à remonter les petits affluents.

Classiquement sur les bassins salmonicoles du département de Saône-et-Loire, les truites peuplant les rivières principales cherchent à remonter et emprunter certains affluents quand cela est encore possible. On observe ceci sur le Mussy, le Botoret (Secteur de Chauffailles), sur la Grosne (secteur de Matour) et sur le Morvan (Ternin, Méchet, Chaloire, Celle, Canche...).

Plus on se trouve sur des portions amont, plus les truites pondent à proximité de leur lieu de vie. Cette situation est logiquement observée sur les petits ruisseaux (Ruisseau du Bois Clair à Cluny, tête de bassin de la Canche et bon nombre d'autres petits ruisseaux).

Petit ruisseau frayère affluent du Mussy (département 71)

la frayère à truite Des zones de frayère très spécifiques

Les zones propices au frai de la truite sont surtout déterminées par le débit et la granulométrie des fonds (tailles des graviers, sable...). Elles correspondent plutôt "aux radiers" et "aux plats", soit des milieux peu profonds caractérisés par une granulométrie de graviers et de galets. Souvent les frayères sont observées en tête de radier (petit courant peu profond). Les truites recherchent majoritairement des zones un peu courante pour éviter l'accumulation des particules fines (vase et limons) sur les œufs et assurer à l'intérieur de la frayère une circulation d'eau. Ainsi l'asphyxie des œufs et des embryons est évitée.

la ponte des truites Déroulement de la ponte

La truite est une espèce qui cherche à maximiser le succès de sa reproduction (Cf article stratégie de reproduction). A ce titre, elle protège ses œufs (environ 2000 par kg) en les déposant dans une cuvette puis en les recouvrant de graviers. C'est la femelle qui creuse le nid.

Mieux que tout commentaire, la vidéo de reproduction de truite fario tournée sur la Tille (rivière du département 21) présentée sur le site Naturellement-pêche.info permet de se faire une idée du déroulement du frai.

naissance des petites truites De l'éclosion à l'émergence

Après éclosion des oeufs (400 degrés-jours environ après la ponte), les embryons qui font entre 20 et 25 mm demeurent dans les espaces interstitiels du substrat en se nourrissant sur leur vésicule vitelline jusqu'à l'émergence au printemps.

Petite truite du Tarnon (département Lozère)

Commence alors la vie en rivière. Si le succès de la reproduction est essentielle au maintient des effectifs de la population de truite, il ne faut pas pour autant minimiser le long chemin qu'il reste à parcourir à ces jeunes poissons avant de devenir adulte et mature. Les conditions du milieu, des événements divers et variés conditionneront cette réussite.

Pour de nombreux pêcheurs, une bonne reproduction et de nombreux alevins sont une garantie de prises futures. C'est bien sur un bon début, mais il ne faut pas pour autant oublier que ces poissons doivent maintenant passer à la deuxième étape : leur grossissement.

Pour les poissons de nos rivières, la vie ne tient bien souvent pas à grand chose. On pense très souvent à la prédation, mais il y existe avant tout des phénomènes moins perceptibles et plus complexes qui peuvent nuire aux populations salmonicoles (étiage sévère, température excessive, crue violente, pollution, destruction des habitats...)

 


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 Rem


 

 

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